Un jour férié qui tombe un dimanche est-il récupéré ? Règles, exceptions et conventions

Un jour férié qui tombe un dimanche est-il récupéré ? Règles, exceptions et conventions
26/07/2026

C'est l'une des déceptions les plus fréquentes du calendrier : un beau jour férié — le 14 juillet, le 15 août ou Noël — qui tombe pile un dimanche, c'est-à-dire un jour où la plupart des salariés ne travaillent déjà pas. La question fuse alors immanquablement : ce jour férié « perdu » est-il récupéré ? Aura-t-on droit à un jour de repos le lundi suivant, ou à une journée à reporter plus tard dans l'année ?

La réponse de principe va en surprendre plus d'un : en droit français, il n'existe aucune récupération automatique d'un jour férié qui coïncide avec un dimanche ou, plus largement, avec un jour de repos habituel. Le salarié ne « perd » rien sur le plan du salaire, mais il ne gagne pas non plus de journée de congé supplémentaire. Tout repose sur le Code du travail, et plus précisément sur les articles L3133-2 et L3133-3.

Cela dit, le principe légal n'est qu'un point de départ. De nombreuses conventions collectives se montrent plus généreuses, le régime particulier d'Alsace-Moselle a ses propres règles, la fonction publique connaît la pratique des ponts, et le cas du 1er mai mérite un traitement à part. Cet article fait le tour complet de la question et fournit le calendrier des jours fériés tombant un dimanche de 2025 à 2030. Article vérifié le 17 juin 2026.

Calendrier mural avec une date de jour férié entourée tombant un dimanche, posé près d'un bureau de travail
Quand un jour férié tombe un dimanche, le Code du travail ne prévoit aucune récupération automatique : tout dépend ensuite de la convention collective applicable.

La règle légale : pas de récupération automatique

Le Code du travail est clair sur deux points complémentaires. D'abord, l'article L3133-2 dispose que les heures de travail perdues du fait du chômage d'un jour férié ne donnent pas lieu à récupération : l'employeur ne peut pas vous demander de « rattraper » ces heures plus tard. Ensuite, l'article L3133-3 garantit que ce chômage n'entraîne aucune perte de salaire pour les salariés totalisant au moins trois mois d'ancienneté dans l'entreprise.

Mais ces protections concernent un jour férié qui tombe un jour normalement travaillé. Lorsqu'il tombe un dimanche — ou tout autre jour de repos habituel — la logique s'inverse : le salarié n'aurait de toute façon pas travaillé ce jour-là. Il ne subit donc aucune perte de salaire (sa rémunération mensuelle est inchangée), mais il ne peut pas non plus prétendre à un jour de congé supplémentaire en compensation. Service-public.fr le confirme sans ambiguïté : lorsqu'un jour férié chômé tombe un jour habituellement non travaillé, « le salarié ne peut prétendre à aucun jour de congé supplémentaire ».

Concrètement, si le 15 août tombe un dimanche, vous ne bénéficiez d'aucun lundi de remplacement : le férié est simplement « absorbé » par votre jour de repos hebdomadaire. C'est la règle de base, mais ce n'est heureusement pas toujours le dernier mot.

Les conventions collectives qui imposent une récupération

Le Code du travail fixe un plancher de droits, jamais un plafond. Une convention collective, un accord d'entreprise ou un simple usage peuvent prévoir des conditions plus favorables que la loi — et c'est précisément le cas pour la récupération des fériés tombant un dimanche.

Plusieurs branches professionnelles accordent ainsi, selon les cas, soit un jour de repos de remplacement, soit une indemnité compensatrice lorsque le férié tombe un jour non travaillé. C'est historiquement le cas dans certaines conventions du secteur bancaire, du bâtiment et des travaux publics, ou encore de la métallurgie, mais les clauses varient fortement d'un texte à l'autre. Il n'existe aucune règle universelle : tout dépend du texte applicable à votre entreprise.

Source du droitRécupération d'un férié tombant un dimanche ?Remarque
Code du travail (loi)Non, aucune récupérationPlancher légal : maintien du salaire uniquement
Convention collective de brancheParfois ouiJour de repos ou indemnité selon la branche
Accord d'entreprise / d'établissementParfois ouiPeut être plus favorable que la branche
Usage d'entrepriseParfois ouiPratique constante, fixe et générale dans l'entreprise
✅ Astuce : Pour savoir si vous avez droit à une récupération, le réflexe le plus sûr est de chercher dans votre convention collective la rubrique « jours fériés ». Le nom et l'IDCC de votre convention figurent sur votre bulletin de paie ; vous pouvez ensuite consulter le texte gratuitement sur Légifrance.

Cas spécifique de l'Alsace-Moselle

Les départements du Bas-Rhin (67), du Haut-Rhin (68) et de la Moselle (57) bénéficient d'un droit local hérité de la période 1871-1918. Concrètement, les salariés y profitent de deux jours fériés supplémentaires par rapport au reste de la France : le Vendredi saint (le vendredi précédant Pâques) et la Saint-Étienne (le 26 décembre). C'est le lieu de travail, et non le domicile, qui détermine l'application de ce régime.

En revanche, le droit local ne modifie pas la règle de la récupération : si l'un de ces jours fériés — locaux ou nationaux — tombe un dimanche, aucune récupération automatique n'est davantage prévue qu'ailleurs en France. L'intérêt de l'Alsace-Moselle tient au nombre de jours chômés, pas à un mécanisme de report. Là encore, seule une convention collective ou un accord plus favorable pourrait accorder une compensation.

💡 Info : Le Vendredi saint n'est férié, au titre du droit local, que dans les communes possédant un temple protestant ou une église mixte ; en pratique, il est appliqué très largement dans les trois départements. La Saint-Étienne du 26 décembre, elle, est chômée sur l'ensemble du territoire concerné.

Fonction publique : le pont du lundi parfois accordé

Dans les trois versants de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière), le principe est identique à celui du privé : un jour férié tombant un dimanche n'ouvre aucun droit légal à récupération. L'agent ne perd pas de rémunération, mais ne récupère pas de journée.

La nuance vient de la pratique des ponts. Lorsqu'un jour férié tombe un mardi ou un jeudi, l'administration peut décider d'accorder le lundi ou le vendredi « de pont » — mais c'est une faculté, décidée localement par le chef de service ou l'autorité territoriale, et non un droit. Lorsque le férié tombe un dimanche, il n'y a tout simplement pas de pont possible : la question de la récupération ne se pose pas dans les faits. Pour anticiper les week-ends prolongés de l'année, vous pouvez consulter tous les ponts de l'année et organiser vos congés en conséquence.

Calendrier 2025-2030 des fériés tombant un dimanche

Seuls les jours fériés à date fixe peuvent coïncider avec un dimanche. Les trois fériés « mobiles » — lundi de Pâques, jeudi de l'Ascension et lundi de Pentecôte — tombent par construction un jour précis de la semaine et ne sont donc jamais concernés. Voici, année par année, les fériés nationaux qui tombent un dimanche sur la période :

AnnéeJour(s) férié(s) tombant un dimancheRécupération légale
2025Aucun férié national un dimanche
20261er novembre (Toussaint)Non
202715 août (Assomption)Non
2028Aucun férié national un dimanche
202911 novembre (Armistice)Non
203014 juillet (Fête nationale)Non

Vous retrouverez le détail jour par jour, ponts inclus, dans notre calendrier 2026 complet. Bonne nouvelle pour 2026 : un seul férié, le 1er novembre, tombe un dimanche, ce qui laisse l'essentiel des jours chômés sur des jours ouvrés.

Et si c'est le 1er mai qui tombe un dimanche ?

Le 1er mai occupe une place à part dans le Code du travail : c'est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés (article L3133-4). On pourrait donc penser qu'un statut aussi protecteur s'accompagne d'une récupération lorsqu'il tombe un dimanche. Il n'en est rien.

Lorsque le 1er mai coïncide avec un dimanche habituellement non travaillé, le salarié conserve évidemment sa rémunération, mais ne bénéficie d'aucun jour de remplacement ni d'aucune indemnité particulière au titre du seul Code du travail. Le caractère obligatoirement chômé du 1er mai ne crée pas de droit à report : il interdit seulement de faire travailler les salariés ce jour-là (sauf établissements ne pouvant fermer). Comme pour les autres fériés, seule une convention collective plus favorable peut prévoir une compensation.

⚠️ Attention : Ne confondez pas « jour férié travaillé » et « jour férié tombant un dimanche ». Si vous travaillez réellement le 1er mai (commerces, hôpitaux, etc.), vous avez droit à une indemnité égale au doublement du salaire de la journée. En revanche, si le 1er mai tombe un dimanche que vous ne travaillez pas, ce doublement ne s'applique pas : il n'y a pas de travail à majorer.

Les fériés à risque chaque année

Sur les onze jours fériés légaux, seuls les huit fériés à date fixe sont susceptibles de tomber un dimanche une année donnée. Les voici : le 1er janvier (Jour de l'an), le 1er mai (Fête du Travail), le 8 mai (Victoire 1945), le 14 juillet (Fête nationale), le 15 août (Assomption), le 1er novembre (Toussaint), le 11 novembre (Armistice) et le 25 décembre (Noël).

Les trois fériés restants ne tombent jamais un dimanche : le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte sont par définition des lundis, et l'Ascension est toujours un jeudi. C'est pourquoi le nombre de fériés réellement « exposés » au risque du dimanche est de huit, et non de la totalité des onze. Statistiquement, chaque férié à date fixe tombe un dimanche environ une année sur sept.

Pour les employeurs, suivre ces coïncidences a un intérêt concret : la gestion de la paie et des compteurs de jours fériés s'en trouve simplifiée. Des solutions de gestion des ressources humaines comme Personio permettent d'automatiser le suivi des jours fériés, des congés et des éventuelles récupérations conventionnelles selon la convention collective de l'entreprise.

En résumé

Un jour férié qui tombe un dimanche n'est pas récupéré au regard du seul Code du travail : pas de lundi de remplacement, pas de journée reportée, pas d'indemnité — mais aucune perte de salaire non plus. La seule porte ouverte à une compensation est la convention collective, l'accord d'entreprise ou l'usage, qui peuvent toujours se montrer plus généreux que la loi. L'Alsace-Moselle ajoute deux fériés mais ne change rien à la règle de récupération, la fonction publique fonctionne par ponts facultatifs, et même le 1er mai, pourtant obligatoirement chômé, ne donne lieu à aucun report lorsqu'il tombe un dimanche. Le bon réflexe reste donc toujours le même : vérifier votre convention collective.

FAQ

Un jour férié qui tombe un dimanche est-il récupéré ?

Non, pas automatiquement. Le Code du travail (articles L3133-2 et L3133-3) ne prévoit aucune récupération ni aucun jour de remplacement lorsqu'un jour férié coïncide avec un dimanche. Le salarié conserve son salaire mais n'obtient pas de jour de congé supplémentaire, sauf si sa convention collective ou un accord d'entreprise prévoit une mesure plus favorable.

Mon employeur doit-il me donner le lundi si le férié tombe le dimanche ?

Aucune obligation légale ne l'impose. Le report d'un jour férié au lundi suivant, pratiqué dans d'autres pays, n'existe pas en droit du travail français. Votre employeur peut décider de l'accorder volontairement, ou y être tenu par une convention collective, mais ce n'est jamais un droit issu de la loi.

Le 1er mai tombant un dimanche est-il récupéré ?

Non. Bien que le 1er mai soit le seul jour férié obligatoirement chômé et payé, son report n'est pas prévu lorsqu'il coïncide avec un dimanche. Le salarié garde sa rémunération, mais ne bénéficie ni d'un jour de remplacement ni du doublement de salaire, ce dernier ne s'appliquant que lorsque le 1er mai est réellement travaillé.

Quels jours fériés peuvent tomber un dimanche ?

Uniquement les huit fériés à date fixe : 1er janvier, 1er mai, 8 mai, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre et 25 décembre. Les fériés mobiles (lundi de Pâques, lundi de Pentecôte, Ascension) tombent toujours un lundi ou un jeudi et ne sont donc jamais concernés.

La règle est-elle différente en Alsace-Moselle ?

Sur la récupération, non. L'Alsace-Moselle bénéficie de deux jours fériés supplémentaires (Vendredi saint et Saint-Étienne le 26 décembre), mais le droit local ne prévoit pas davantage de récupération si un férié tombe un dimanche. Seule une convention collective plus favorable peut accorder une compensation.

Et dans la fonction publique ?

Le principe est le même que dans le privé : pas de récupération légale pour un férié tombant un dimanche. La fonction publique connaît toutefois la pratique des « ponts », accordés à la discrétion de l'administration lorsque le férié tombe un mardi ou un jeudi ; ils n'ont rien d'obligatoire et ne s'appliquent pas à un férié dominical.


Article vérifié le 17 juin 2026 par la rédaction de joursferies.fr.

Sources : articles L3133-1 à L3133-12 du Code du travail — jours fériés (Légifrance), service-public.fr — jour férié et congés du salarié, service-public.fr — jours fériés et ponts dans le secteur privé.

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