« Le 1er mai, tout est fermé, donc c'est forcément férié partout. » La phrase paraît évidente, et pour une fois l'intuition est juste : le 1er mai est bien férié sur l'ensemble du territoire français, en métropole comme en outre-mer, sans exception géographique. Mieux : c'est le seul jour férié que la loi rend à la fois férié et obligatoirement chômé pour tous les salariés, partout.
Mais derrière cette uniformité de principe se cachent des nuances réelles selon l'endroit où l'on travaille. En métropole, le 1er mai est un îlot d'obligation au milieu de dix autres fériés simplement « facultatifs ». Dans les DOM, il cohabite avec des jours fériés locaux propres à chaque territoire. En Alsace-Moselle, il s'inscrit dans un droit local qui rend tous les fériés chômés. Comprendre ces différences évite les erreurs de paie et les malentendus côté salarié.
Cet article fait le tour complet de la question : ce que dit précisément le Code du travail, la situation en métropole, dans les cinq DOM, en Alsace-Moselle, les règles de majoration si l'on travaille ce jour-là, et les exceptions sectorielles. Le tout repose sur les articles L3133-4 à L3133-6 du Code du travail et les fiches officielles de service-public.fr. Article vérifié le 3 juin 2026.
Que dit la loi française ?
La réponse tient dans une phrase, et elle ne souffre aucune exception territoriale. L'article L3133-4 du Code du travail dispose : « Le 1er mai est jour férié et chômé. » Cette règle relève de l'ordre public social, c'est-à-dire qu'aucune convention collective, aucun accord d'entreprise et aucun usage ne peut y déroger en défaveur du salarié.
Le Code du travail français s'applique de la même manière en métropole et dans les départements d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte). Le 1er mai y est donc tout aussi férié et chômé. La différence entre les territoires ne porte jamais sur le statut du 1er mai lui-même, mais sur les autres jours fériés qui s'y ajoutent (fériés locaux d'outre-mer, jours supplémentaires d'Alsace-Moselle).
Le 1er mai en métropole : seul férié obligatoirement chômé
En France métropolitaine, le 1er mai occupe une place à part. C'est le seul jour où un employeur ne peut pas demander à un salarié de venir travailler, sauf si l'activité de l'établissement ne peut être interrompue (nous y revenons plus bas). Cette interdiction de principe vaut quels que soient le secteur, la taille de l'entreprise, l'ancienneté du salarié ou son type de contrat.
La protection ne s'arrête pas au repos. L'article L3133-5 du Code du travail garantit le maintien intégral de la rémunération : le chômage du 1er mai ne peut entraîner aucune réduction de salaire. Les salariés payés à l'heure, à la journée ou au rendement perçoivent une indemnité égale au salaire qu'ils auraient gagné s'ils avaient travaillé. Aucune condition d'ancienneté n'est exigée pour le 1er mai, contrairement aux dix autres fériés.
Voici, pour situer le 1er mai 2026 dans le calendrier annuel, les onze jours fériés légaux et leur statut :
| Jour férié | Date 2026 | Obligatoirement chômé ? |
|---|---|---|
| Jour de l'An | Jeudi 1er janvier | Non — selon convention |
| Lundi de Pâques | Lundi 6 avril | Non — selon convention |
| Fête du Travail | Vendredi 1er mai | Oui — pour tous les salariés |
| Victoire 1945 | Vendredi 8 mai | Non — selon convention |
| Ascension | Jeudi 14 mai | Non — selon convention |
| Lundi de Pentecôte | Lundi 25 mai | Non — journée de solidarité possible |
| Fête nationale | Mardi 14 juillet | Non — selon convention |
| Assomption | Samedi 15 août | Non — selon convention |
| Toussaint | Dimanche 1er novembre | Non — selon convention |
| Armistice 1918 | Mercredi 11 novembre | Non — selon convention |
| Noël | Vendredi 25 décembre | Non — selon convention |
Le 1er mai dans les DOM-TOM (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Mayotte, Guyane)
Dans les cinq départements et régions d'outre-mer, le Code du travail s'applique pleinement. Le 1er mai y est donc férié et obligatoirement chômé exactement comme en métropole, avec le même maintien de salaire et la même majoration en cas de travail. Sur ce point, aucune spécificité ultramarine.
La particularité de l'outre-mer ne concerne pas le 1er mai mais les jours fériés supplémentaires propres à chaque territoire, principalement la commémoration de l'abolition de l'esclavage, désormais inscrite dans le Code du travail (articles L3422-2 et suivants). Ces jours s'ajoutent aux onze fériés nationaux et sont eux aussi chômés et payés localement :
| Territoire | Jour férié local supplémentaire | Date |
|---|---|---|
| Mayotte | Abolition de l'esclavage | 27 avril |
| Martinique | Abolition de l'esclavage | 22 mai |
| Guadeloupe | Abolition de l'esclavage | 27 mai |
| Guyane | Abolition de l'esclavage | 10 juin |
| La Réunion | Abolition de l'esclavage | 20 décembre |
Autrement dit, un salarié de Guadeloupe ou de Martinique bénéficie du 1er mai plus sa date locale d'abolition, soit douze jours fériés au lieu de onze. Le statut protecteur du 1er mai reste, lui, parfaitement identique à la métropole.
Le 1er mai en Alsace-Moselle
Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle conservent un droit local hérité de la période où ces territoires étaient allemands (1871-1918). L'article L3134-13 du Code du travail y impose que tous les jours fériés soient obligatoirement chômés, et pas seulement le 1er mai. La logique métropolitaine s'y trouve donc inversée : ce qui est l'exception ailleurs devient la règle générale.
Le 1er mai y est évidemment chômé, comme partout en France, mais il s'inscrit dans un cadre encore plus strict puisqu'il s'accompagne de deux jours fériés supplémentaires reconnus uniquement dans ces trois départements :
- Le Vendredi Saint (3 avril 2026), férié dans les communes disposant d'un temple protestant ou d'une église mixte ;
- Le 26 décembre (Saint-Étienne / second jour de Noël), férié sans condition.
L'Alsace-Moselle compte ainsi treize jours fériés contre onze en métropole, tous obligatoirement chômés. Pour les salariés qui y travaillent, le 1er mai n'a donc rien d'exceptionnel : il se fond dans un régime où le repos férié est la norme. Pour approfondir, consultez le statut spécial Alsace-Moselle.
Travailler le 1er mai : majoration 100 % obligatoire
Lorsqu'un salarié travaille légalement le 1er mai (uniquement dans les établissements autorisés à ne pas interrompre leur activité), l'article L3133-6 du Code du travail lui garantit une indemnité égale au montant de son salaire pour cette journée. En clair : il perçoit son salaire habituel plus une somme identique, soit une majoration de 100 % — son revenu de la journée est doublé.
Cette règle est d'ordre public : elle ne peut être ni supprimée ni réduite par une convention collective. Une convention peut en revanche prévoir un avantage supérieur (par exemple un repos compensateur en plus de la majoration), jamais inférieur. C'est l'un des rares cas où le Code du travail impose directement un taux de majoration, là où pour les autres fériés tout dépend de l'accord applicable.
Le calcul exact de cette majoration sur le bulletin de salaire — assiette, cotisations, articulation avec les heures supplémentaires éventuelles — peut vite se compliquer. Des solutions de paie comme PayFit intègrent automatiquement la règle du 1er mai et le droit local d'Alsace-Moselle dans leur moteur de calcul, ce qui limite le risque de redressement URSSAF.
Exceptions sectorielles (hôpitaux, transports, sécurité)
L'interdiction de travailler le 1er mai n'est pas absolue. L'article L3133-6 vise expressément « les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail ». Sont concernés notamment :
- les hôpitaux, cliniques et établissements de santé (continuité des soins) ;
- les transports publics et privés (trains, avions, bus, taxis) ;
- les services de sécurité et de secours (police, gendarmerie, pompiers, sécurité privée) ;
- l'hôtellerie-restauration et certains commerces alimentaires ;
- les services d'énergie, d'eau et de télécommunications.
Dans tous ces cas, le salarié qui travaille le 1er mai conserve son droit à la majoration de 100 %. L'exception porte sur le repos, jamais sur la rémunération : la nature continue de l'activité ne supprime aucun droit financier.
En résumé
Oui, le 1er mai est férié partout en France, sans aucune exception géographique. C'est même le seul jour férié obligatoirement chômé pour tous les salariés, en métropole comme dans les cinq DOM. En Alsace-Moselle, il s'inscrit dans un droit local qui rend l'ensemble des fériés chômés et en ajoute deux. Travaillé dans un établissement autorisé, il ouvre droit à une majoration de 100 %. Les seules variations d'un territoire à l'autre concernent les autres jours fériés, jamais le 1er mai lui-même.
FAQ
Le 1er mai est-il férié dans les DOM-TOM comme en métropole ?
Oui. Le Code du travail s'applique pleinement en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte : le 1er mai y est férié et obligatoirement chômé dans les mêmes conditions qu'en métropole, avec maintien de salaire et majoration de 100 % en cas de travail. La seule différence est l'ajout de jours fériés locaux propres (commémoration de l'abolition de l'esclavage).
Que se passe-t-il si le 1er mai tombe un dimanche ?
Le salarié ne perd rien. La rémunération est maintenue pour la journée chômée en application de l'article L3133-5 du Code du travail. La loi ne prévoit toutefois aucune récupération automatique : si le 1er mai coïncide avec un jour de repos hebdomadaire, il n'est pas reporté, sauf disposition plus favorable de la convention collective.
Un apprenti ou un stagiaire de moins de 18 ans peut-il travailler le 1er mai ?
Non. L'article L3164-6 du Code du travail interdit le travail des salariés de moins de 18 ans un jour férié, et cette interdiction est particulièrement stricte pour le 1er mai, pour lequel aucune dérogation sectorielle ne s'applique aux mineurs. À partir de 18 ans, les règles redeviennent celles des salariés majeurs.
Le 1er mai est-il férié pour les stagiaires en convention de stage ?
Un stagiaire n'est pas un salarié : il relève de sa convention de stage et du règlement de l'organisme d'accueil. En pratique, l'établissement étant le plus souvent fermé le 1er mai, le stagiaire ne travaille pas. La gratification de stage, calculée sur une base mensuelle, n'est pas réduite par ce jour chômé.
Travailler le 1er mai donne-t-il toujours droit à 100 % de majoration ?
Oui, dès lors que le travail est autorisé (établissement ne pouvant interrompre son activité). L'article L3133-6 impose une indemnité égale au salaire de la journée, soit un doublement de la rémunération. Ce taux est un minimum d'ordre public : une convention collective peut l'améliorer, jamais le réduire.
Le 1er mai compte-t-il dans les onze jours fériés en Alsace-Moselle ?
Oui, il fait partie des fériés chômés comme partout en France. L'Alsace-Moselle ajoute simplement deux jours fériés (Vendredi Saint et 26 décembre), portant le total local à treize, tous obligatoirement chômés en vertu de l'article L3134-13 du Code du travail.
Article vérifié le 3 juin 2026 par la rédaction de joursferies.fr.
Sources : articles L3133-4 à L3133-6 du Code du travail — journée du 1er mai (Légifrance), article L3133-6 (majoration 100 %), articles L3421-1 à L3423-9 (outre-mer), service-public.fr — fiche jours fériés.