Quels jours fériés sont obligatoirement chômés en France ? La liste 2026

Quels jours fériés sont obligatoirement chômés en France ? La liste 2026
26/05/2026

En France, on entend souvent dire qu'un jour férié est « un jour de repos pour tout le monde ». La réalité est plus subtile : un seul jour férié sur les onze est obligatoirement chômé par la loi, c'est le 1er mai. Pour les dix autres, c'est la convention collective, l'accord d'entreprise ou la pratique de l'employeur qui décide. Voici la liste à jour pour 2026, les règles précises et le tableau de référence par convention.

Cette confusion a un coût : elle pèse autant côté salarié (qui croit avoir un droit qu'il n'a pas) que côté employeur (qui s'expose à un redressement URSSAF s'il applique mal le 1er mai ou le statut local d'Alsace-Moselle). On déroule la règle générale, les exceptions sectorielles, le cas des mineurs, et l'inversion de logique en Alsace-Moselle.

Le tout repose sur les articles L3133-1 à L3133-12 du Code du travail, complétés par les conventions collectives et le statut local Alsace-Moselle (L3134-13). Article vérifié le 27 mai 2026.

Calendrier 2026 avec jours fériés français entourés à côté d'un contrat de travail et d'une feuille de paie
En France, seul le 1er mai est obligatoirement chômé par la loi pour tous les salariés. Les dix autres fériés dépendent de la convention collective applicable.

Le principe légal : seul le 1er mai est chômé obligatoire

L'article L3133-4 du Code du travail est sans ambiguïté : « Le 1er mai est jour férié et chômé. » C'est le seul jour férié pour lequel la loi impose à la fois le caractère férié et le chômage obligatoire pour l'ensemble des salariés, quel que soit leur secteur, leur convention collective ou leur ancienneté.

Concrètement, cela signifie qu'un employeur ne peut pas demander à un salarié de travailler le 1er mai, sauf exception sectorielle prévue par la loi (établissements et services qui ne peuvent interrompre leur activité : hôpitaux, transports, hôtellerie-restauration, sécurité, etc.). Si le salarié travaille néanmoins, il a droit à une majoration de salaire de 100 % (doublement) en plus de la rémunération habituelle, en application de l'article L3133-6.

? Info : Si le 1er mai tombe un dimanche (comme en 2027), le salarié ne perd rien : la rémunération est maintenue pour la journée chômée, conformément à la règle du « maintien de salaire » prévue à l'article L3133-5.

Les 10 autres fériés légaux : chômage facultatif

Pour les 10 autres jours fériés légaux, l'article L3133-3 du Code du travail dispose simplement qu'ils sont « fériés ». Pas qu'ils sont chômés. La nuance est juridique mais lourde : l'employeur peut donc demander à ses salariés de travailler ces jours-là, sauf si une convention collective, un accord d'entreprise ou un usage l'interdit.

Voici les 11 jours fériés légaux en France métropolitaine pour 2026 :

Jour fériéDate 2026Statut légal
Jour de l'AnJeudi 1er janvierFérié — non obligatoirement chômé
Lundi de PâquesLundi 6 avrilFérié — non obligatoirement chômé
Fête du TravailVendredi 1er maiFérié et obligatoirement chômé
Victoire 1945Vendredi 8 maiFérié — non obligatoirement chômé
Jeudi de l'AscensionJeudi 14 maiFérié — non obligatoirement chômé
Lundi de PentecôteLundi 25 maiFérié — journée de solidarité (cf. art. L3133-7)
Fête nationaleMardi 14 juilletFérié — non obligatoirement chômé
AssomptionSamedi 15 aoûtFérié — non obligatoirement chômé
ToussaintDimanche 1er novembreFérié — non obligatoirement chômé
Armistice 1918Mercredi 11 novembreFérié — non obligatoirement chômé
NoëlVendredi 25 décembreFérié — non obligatoirement chômé

Cette liste exhaustive est issue de l'article L3133-1 du Code du travail. Pour aller plus loin sur les dates, consultez tous les fériés 2026 avec leurs particularités régionales.

✅ Astuce : Sur le bulletin de salaire, un férié chômé ne se traduit pas par une perte de rémunération si le salarié a au moins 3 mois d'ancienneté (article L3133-3-1 du Code du travail). C'est ce qu'on appelle le « maintien de salaire ».

Le rôle des conventions collectives (Syntec, BTP, Métallurgie, HCR)

Là où la loi reste minimaliste, les conventions collectives reprennent la main. La plupart imposent que les jours fériés soient chômés, voire majorés s'ils sont travaillés. Voici les conventions les plus représentatives en France :

Convention Syntec (IDCC 1486) — bureaux d'études, conseil, informatique. Les jours fériés légaux sont chômés et payés, conformément à l'article 35 de la convention. Le travail un jour férié reste exceptionnel et donne lieu à une compensation négociée localement.

Conventions du BTP (Bâtiment et Travaux Publics, IDCC 1596, 2614, etc.) — les fériés sont chômés et payés selon les mêmes règles que dans la métallurgie historique, avec maintien de salaire systématique pour les ouvriers et ETAM.

Convention de la Métallurgie (IDCC 3248 depuis 2024) — depuis la convention nationale unifiée entrée en vigueur le 1er janvier 2024, les fériés sont chômés et rémunérés sans condition d'ancienneté pour la plupart des entreprises de la branche.

Convention HCR (Hôtellerie-Cafés-Restauration, IDCC 1979) — c'est l'exception notable : le travail un jour férié y est la norme en raison de la nature de l'activité. La convention prévoit toutefois un repos compensateur ou une majoration de 50 % selon les avenants.

⚠️ Attention : Vérifiez systématiquement votre convention collective avant toute décision RH. Les règles applicables dépendent du code IDCC mentionné sur le bulletin de salaire et peuvent être consultées sur Légifrance.

Salariés de moins de 18 ans : tous les fériés chômés

L'article L3164-6 du Code du travail pose une règle protectrice : les jeunes travailleurs de moins de 18 ans (apprentis, salariés, stagiaires inclus dans certains cas) ne peuvent pas travailler un jour férié. Tous les fériés sont donc, par exception, obligatoirement chômés pour les mineurs.

Cette interdiction concerne aussi bien les CDI, CDD, contrats d'apprentissage que les contrats de professionnalisation. Elle s'applique aux 11 fériés légaux, sans distinction.

Des dérogations existent pour certains secteurs où le travail un férié est inhérent à l'activité (boulangerie-pâtisserie, hôtellerie-restauration, hôpitaux, spectacles vivants). Ces dérogations sont strictement encadrées par décret et ne valent pas pour le 1er mai. L'employeur qui ne respecte pas L3164-6 s'expose à une amende prévue au Code pénal et à des sanctions de l'inspection du travail.

Alsace-Moselle : règle inverse (chômage obligatoire sauf exceptions)

Le droit local d'Alsace-Moselle, hérité de la période allemande (1871-1918), maintient un statut différent dans les trois départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. L'article L3134-13 du Code du travail impose que tous les jours fériés y soient obligatoirement chômés, à l'exception des activités dont l'interruption est strictement impossible.

De surcroît, deux jours fériés supplémentaires y sont reconnus :

  • Le Vendredi Saint (3 avril 2026), férié dans les communes ayant un temple protestant ou une église mixte
  • Le 26 décembre (Saint-Étienne), férié dans tous les cas

Au total, l'Alsace-Moselle compte donc 13 jours fériés contre 11 en métropole, avec en plus une obligation de chômage que la métropole ne connaît pas. Pour aller plus loin, consultez le statut spécial Alsace-Moselle.

Tableau récapitulatif par convention

Voici la synthèse des règles applicables par grande convention collective. Ce tableau est indicatif : référez-vous toujours à votre IDCC précis pour confirmation, ou à un éditeur de paie comme PayFit ou Personio qui intègrent les règles conventionnelles dans leur moteur de calcul.

ConventionIDCCFériés chômésSi travaillé
Syntec1486Tous (sauf 1er mai obligatoire)Compensation négociée
BTP — Ouvriers1596Tous chômés et payésMajoration conventionnelle
Métallurgie3248Tous chômés et payésRepos compensateur ou majoration
HCR (hôtellerie)1979Variable selon posteRepos compensateur ou +50 %
Transport routier16Variable selon activitéMajoration prévue
Commerce de détail alimentaire22161er mai chômé, autres variablesMajoration 100 % le dimanche/férié

Conclusion : retenir l'essentiel

Si vous ne deviez retenir qu'un point : seul le 1er mai est obligatoirement chômé partout en France métropolitaine pour l'ensemble des salariés. Tous les autres fériés sont des fériés « facultativement chômés » : c'est la convention collective qui dicte la pratique réelle. En Alsace-Moselle, la logique s'inverse et tous les fériés sont chômés. Pour les salariés de moins de 18 ans, tous les fériés sont également chômés. Ce sont les trois règles à mémoriser.

FAQ

Mon employeur peut-il m'obliger à travailler le 1er mai ?

Non, sauf si vous travaillez dans un établissement qui ne peut interrompre son activité (hôpital, transport, hôtellerie-restauration, sécurité). Dans ce cas, vous avez droit à une majoration de 100 % de votre salaire en plus de la rémunération habituelle, conformément à l'article L3133-6 du Code du travail.

Un jour férié qui tombe un dimanche est-il récupéré ?

Non, sauf disposition contraire de la convention collective ou de l'accord d'entreprise. La loi ne prévoit aucune récupération automatique. Le salarié garde simplement le bénéfice du maintien de salaire si l'ancienneté de 3 mois est respectée.

Un apprenti peut-il travailler le 14 juillet ?

Non si l'apprenti a moins de 18 ans. L'article L3164-6 du Code du travail interdit le travail des mineurs un jour férié, sauf dérogations sectorielles très encadrées (boulangerie, restauration). À partir de 18 ans, les règles redeviennent celles des salariés majeurs (chômage facultatif selon la convention).

Quel est le taux de majoration pour un jour férié travaillé hors 1er mai ?

La loi ne prévoit aucune majoration légale pour les fériés autres que le 1er mai. La majoration dépend exclusivement de la convention collective applicable : 50 % en HCR, négociée en Syntec, parfois 100 % dans le commerce alimentaire. Vérifiez votre IDCC pour le taux exact.

Les salariés en CDD ont-ils droit au paiement des jours fériés ?

Oui, dès qu'ils justifient de 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise (article L3133-3-1). Avant 3 mois, le maintien de salaire n'est pas automatique mais peut être prévu par la convention collective. Les CDD courts ne perdent rien au-delà de cette condition d'ancienneté.

L'Alsace-Moselle compte-t-elle vraiment 13 fériés ?

Oui. Aux 11 fériés métropolitains s'ajoutent le Vendredi Saint (sous condition de présence d'un temple protestant dans la commune) et le 26 décembre (sans condition). Tous y sont obligatoirement chômés en vertu de l'article L3134-13 du Code du travail.


Article vérifié le 27 mai 2026 par la rédaction de joursferies.fr.

Sources : articles L3133-1 à L3133-12 du Code du travail (Légifrance), article L3134-13 (statut Alsace-Moselle), article L3164-6 (mineurs), service-public.fr — fiche jours fériés, Direction Générale du Travail.

Jours fériés, ponts, fêtes et vacances scolaires 2026 - Tous droits réservés MENTIONS LEGALES CONTACT