Peut-on refuser de travailler un jour férié ? La question revient à chaque long week-end, et tout particulièrement à l'approche du 15 août, en pleine saison estivale où commerces, cafés et restaurants tournent à plein régime. La réponse surprend souvent : en dehors d'un cas précis, un salarié ne peut pas refuser librement de travailler un jour férié. Tout dépend du jour concerné, de votre convention collective et de votre situation personnelle. Voici ce que dit précisément le droit du travail, sans jargon. Pour un rappel des règles générales, consultez aussi notre guide sur travailler un jour férié : rémunération et droits.
Le saviez-vous ? En France, un seul jour férié est obligatoirement chômé pour la grande majorité des salariés : le 1er mai. Tous les autres jours fériés dits « légaux » peuvent être travaillés si l'employeur le demande.
Jour férié chômé ou travaillé : la distinction clé
Beaucoup de salariés pensent qu'un jour férié est automatiquement un jour de repos. C'est une idée reçue. En droit français, un jour férié n'est pas synonyme de jour chômé (non travaillé). Le Code du travail liste onze jours fériés légaux, mais il ne rend obligatoirement chômé que le 1er mai. Pour les dix autres, le repos dépend d'un accord collectif, d'un accord d'entreprise ou d'un usage.
Autrement dit, si aucune règle propre à votre entreprise ne rend le jour chômé, votre employeur peut légalement vous demander de travailler un 14 juillet, un 15 août ou un 11 novembre. Refuser reviendrait alors à une absence injustifiée, avec les risques que cela comporte. Pour connaître la liste exacte, voyez notre article sur les jours fériés obligatoirement chômés en France.
Le cas particulier du 1er mai
Le 1er mai, Fête du Travail, occupe une place à part. C'est le seul jour de l'année où le repos est un droit pour la plupart des salariés. L'employeur ne peut, en principe, pas imposer de travailler ce jour-là. Il existe toutefois une exception importante : les établissements et services qui ne peuvent pas interrompre leur activité (hôpitaux, transports, hôtellerie, restauration, certaines industries) peuvent faire travailler leurs salariés.
Dans ce cas, la loi prévoit une compensation claire : le salarié perçoit, en plus de son salaire habituel, une indemnité égale au montant de ce salaire, soit un paiement doublé pour la journée. C'est une singularité que nous détaillons dans notre dossier le 1er mai est-il férié partout en France.
À retenir : seul le 1er mai vous permet de refuser de travailler de plein droit (hors secteurs à activité continue). Pour les dix autres jours fériés, la possibilité de refuser dépend de votre convention collective.
Ce que dit votre convention collective
C'est le point que la plupart des gens oublient de vérifier. De nombreuses conventions collectives et accords d'entreprise vont plus loin que la loi et rendent chômés certains jours fériés, voire tous. Dans ce cas, l'employeur ne peut pas vous imposer de travailler ces jours-là, et un refus est parfaitement légitime.
Avant toute décision, le bon réflexe est donc de consulter votre convention collective (son intitulé figure sur votre bulletin de paie) et de vérifier ce qu'elle prévoit pour les jours fériés. Les représentants du personnel ou le service RH peuvent vous aider à l'interpréter. Cette lecture peut transformer un « je dois travailler » en « je peux refuser ».
| Situation | Peut-on refuser ? | Fondement |
|---|---|---|
| 1er mai | Oui, en principe | Jour chômé obligatoire (sauf activité continue) |
| Autre jour férié, convention silencieuse | Non | L'employeur peut imposer le travail |
| Jour rendu chômé par accord | Oui | Convention collective / accord d'entreprise |
| Salarié de moins de 18 ans | Oui, en principe | Protection des mineurs (sauf dérogations) |
Les mineurs et apprentis : une protection renforcée
Les jeunes travailleurs de moins de 18 ans, apprentis compris, bénéficient d'une protection spécifique : ils ne peuvent en principe pas être employés les jours fériés. Cette règle vise à préserver leur repos. Elle connaît toutefois des dérogations sectorielles importantes, notamment dans l'hôtellerie, la restauration, la boulangerie-pâtisserie, les traiteurs ou les magasins d'alimentation, où l'activité justifie une organisation particulière.
Concrètement, un apprenti boulanger pourra être amené à travailler un jour férié, tandis qu'un apprenti dans un bureau administratif ne le pourra pas. Là encore, la convention collective de branche précise les cas autorisés. En cas de doute, mieux vaut se renseigner auprès de l'inspection du travail.
Certains secteurs sont, par nature, plus concernés que d'autres par le travail les jours fériés. Le tableau ci-dessous donne un aperçu des activités où il est courant, avec ou sans dérogation pour les mineurs.
| Secteur | Travail les jours fériés | Dérogation mineurs |
|---|---|---|
| Hôtellerie – restauration | Fréquent | Possible |
| Boulangerie – alimentation | Fréquent | Possible |
| Santé – transports | Activité continue | Encadrée |
| Bureaux – administratif | Rare | Non |
Combien êtes-vous payé un jour férié travaillé ?
Refuser ou non, encore faut-il savoir ce que rapporte un jour férié travaillé. Sur ce point aussi, les idées reçues ont la vie dure. Contrairement à une croyance répandue, un jour férié travaillé n'est pas automatiquement payé double. La seule majoration légale concerne le 1er mai. Pour les autres jours fériés, tout dépend de la convention collective.
| Jour | Majoration légale | Au-delà de la loi |
|---|---|---|
| 1er mai travaillé | + 100 % (salaire doublé) | Garantie par le Code du travail |
| Autres jours fériés | Aucune majoration légale | Possible via convention / accord |
| Repos compensateur | Non imposé par la loi | Fréquent dans les accords de branche |
Beaucoup d'accords prévoient une majoration (souvent de 50 à 100 %) ou un repos compensateur pour les jours fériés travaillés. Pour aller plus loin, consultez notre article sur la récupération d'un jour férié travaillé.
💡 Astuce : avant d'accepter ou de contester un jour férié travaillé, calculez ce qu'il vous rapporte réellement (majoration + éventuel repos). Un jour bien rémunéré peut valoir la peine ; un jour au tarif normal mérite discussion avec votre employeur.
Que risque-t-on à refuser sans motif valable ?
Si le travail est légalement dû — jour férié non chômé, aucune protection particulière — un refus de se présenter peut être qualifié d'absence injustifiée. L'employeur est alors en droit d'engager une procédure disciplinaire, pouvant aller de l'avertissement, dans les cas les plus sérieux et répétés, jusqu'à des sanctions plus lourdes. Le salaire de la journée non travaillée peut également ne pas être versé.
À l'inverse, refuser de travailler un jour légalement chômé (1er mai, jour rendu chômé par accord) est un droit : aucune sanction n'est possible. Toute la difficulté consiste donc à bien qualifier la situation avant d'agir, d'où l'importance de vérifier la règle applicable plutôt que de se fier à une intuition.
⚠ Attention : ne refusez jamais de travailler sur un simple ressenti. Vérifiez d'abord votre convention collective et, en cas de litige, rapprochez-vous des représentants du personnel ou de l'inspection du travail. Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation.
Jour férié qui tombe un week-end : perdu ?
La question du refus se double d'une autre interrogation fréquente en cette période : que se passe-t-il quand un jour férié tombe un samedi ou un dimanche ? C'est justement le cas du 15 août cette année. En règle générale, un jour férié qui coïncide avec un jour de repos hebdomadaire n'ouvre pas droit à une journée de récupération, sauf disposition plus favorable. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article dédié : un jour férié le samedi ou le dimanche est-il perdu.
Pour organiser votre fin d'été, pensez aussi à consulter le calendrier des jours fériés d'août et la confirmation du statut de l'Assomption du 15 août. Cela vous évitera les mauvaises surprises côté planning.
En résumé : pouvez-vous refuser ?
Retenez la logique en trois temps. D'abord, identifiez le jour : s'il s'agit du 1er mai, vous pouvez refuser (hors activités continues). Ensuite, lisez votre convention collective : elle peut rendre d'autres jours chômés. Enfin, vérifiez votre statut : mineur, apprenti ou secteur particulier. En dehors de ces cas, le principe reste que l'employeur peut demander de travailler un jour férié, et qu'un refus n'est pas protégé.
FAQ : refuser de travailler un jour férié
Peut-on refuser de travailler un jour férié ? En général non, sauf le 1er mai ou si votre convention collective rend le jour chômé.
Le 1er mai est-il différent ? Oui, c'est le seul jour obligatoirement chômé, avec paiement doublé s'il est travaillé dans un secteur à activité continue.
Un mineur peut-il travailler un jour férié ? En principe non, sauf dérogations dans l'hôtellerie, la restauration ou la boulangerie.
Que risque-t-on à refuser ? Si le travail est légalement dû, un refus peut constituer une absence injustifiée passible de sanction.
Est-on payé double un jour férié ? Seul le 1er mai est majoré de 100 % par la loi ; les autres dépendent des accords.
L'employeur peut-il imposer au dernier moment ? Il organise le travail, dans le respect de la convention et sans abus de droit.
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Article rédigé par la rédaction de JoursFeries.fr, à partir des dispositions du Code du travail relatives aux jours fériés (articles L3133-1 et suivants) et des règles applicables aux jeunes travailleurs. Publié le 22 juillet 2026. Avertissement : cet article a une portée informative générale et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation précise, consultez votre convention collective, les représentants du personnel ou l'inspection du travail.