Travailler un jour férié : rémunération, majoration et vos droits

Travailler un jour férié : rémunération, majoration et vos droits
16/07/2026

Travailler un jour férié soulève presque toujours la même question : « suis-je payé double ? » La réponse, en France, est plus nuancée qu'on ne le croit. Contrairement à une idée reçue tenace, la majoration de salaire n'est pas automatique : elle ne concerne que le 1er mai au regard de la loi, et dépend pour les autres jours fériés de votre convention collective. Ce guide fait le point clair sur vos droits, que vous soyez amené à travailler un jour férié ou qu'il soit chômé. Pour anticiper vos absences, vous pouvez aussi consulter notre dossier sur les ponts à optimiser en 2026.

Le saviez-vous ? Sur les onze jours fériés que compte le calendrier français, un seul — le 1er mai — est obligatoirement chômé et payé pour l'ensemble des salariés. Tous les autres peuvent, en principe, être travaillés.

Est-on obligé de travailler un jour férié ?

En droit français, un jour férié n'est pas systématiquement chômé. À la seule exception du 1er mai, la loi ne rend pas les jours fériés obligatoirement non travaillés. C'est donc votre convention collective, un accord d'entreprise ou, à défaut, votre employeur qui décide si l'activité s'arrête ou non ce jour-là.

Certains secteurs, comme le commerce, la santé, l'hôtellerie-restauration ou les transports, fonctionnent naturellement les jours fériés. Dans ces cas, travailler un jour férié fait partie intégrante du poste, et le refus injustifié peut être considéré comme une absence fautive. À l'inverse, si l'entreprise ferme habituellement, l'employeur ne peut pas imposer le travail sans base contractuelle ou conventionnelle.

Le 1er mai : le seul jour férié vraiment à part

Le 1er mai, ou Fête du Travail, occupe un statut unique dans le Code du travail. C'est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, quel que soit leur secteur. Et lorsqu'il est travaillé — dans les établissements dont l'activité ne peut être interrompue —, le salarié a droit à une majoration exceptionnelle.

À retenir : Selon l'article L3133-6 du Code du travail, un salarié qui travaille le 1er mai perçoit son salaire habituel plus une indemnité égale au montant de ce salaire. Concrètement, cela revient à être payé double (majoration de 100 %). C'est le seul jour férié où cette règle s'applique automatiquement par la loi.

Ce régime particulier explique la confusion fréquente : beaucoup de salariés pensent que « payé double » vaut pour tous les jours fériés, alors que c'est une exception réservée au 1er mai. Pour bien comprendre pourquoi ce jour est si spécifique, notre article le 1er mai est-il férié partout en France détaille son statut.

Critère 1er mai Autres jours fériés
Chômé obligatoire ?Oui, pour tousNon (sauf accord)
Majoration légale si travaillé+100 % (payé double)Aucune par la loi
Rôle de la conventionPeut ajouter mieuxDécisif pour toute majoration
Perte de salaire si chôméNonNon (salariés mensualisés)

Travailler un jour férié ordinaire : que dit la loi ?

Pour tous les jours fériés autres que le 1er mai — le 14 juillet, le 15 août, la Toussaint, le 11 novembre, Noël, etc. —, le principe est simple : la loi ne prévoit aucune majoration de salaire. Un salarié qui travaille ces jours-là est, en l'absence de disposition plus favorable, rémunéré comme un jour normal.

Cette règle surprend souvent, mais elle est logique : le législateur a laissé aux branches professionnelles et aux entreprises le soin d'organiser des contreparties adaptées à chaque métier. C'est pourquoi la réponse à « suis-je payé plus ? » se trouve rarement dans la loi seule, mais dans les textes conventionnels.

Calcul de la rémunération d'un jour férié travaillé sur une fiche de paie
Hors 1er mai, c'est la convention collective qui détermine l'éventuelle majoration figurant sur la fiche de paie.

Le rôle décisif de la convention collective

La convention collective applicable à votre entreprise est le document clé. De nombreuses conventions prévoient des dispositions plus favorables que le Code du travail : majoration de 100 % pour un jour férié travaillé, repos compensateur, ou prime spécifique. Ces règles varient énormément d'un secteur à l'autre.

Avant toute chose, il faut donc identifier votre convention (son intitulé figure sur votre bulletin de paie) et lire les articles consacrés aux jours fériés. En cas de doute sur l'interprétation, vous pouvez vous tourner vers un représentant du personnel, le service RH ou l'inspection du travail.

Concrètement, les conventions collectives peuvent prévoir plusieurs types d'avantages : une majoration de salaire (souvent de 50 % ou 100 %), l'attribution d'un jour de repos compensateur, le versement d'une prime forfaitaire, ou encore une combinaison de ces mesures. Certaines limitent aussi le nombre de jours fériés pouvant être travaillés dans l'année, ou fixent une liste de jours obligatoirement chômés propre à la branche. C'est cette diversité qui rend indispensable la lecture attentive de votre texte de référence : deux salariés effectuant le même travail un 15 août peuvent être rémunérés très différemment selon leur secteur.

💡 Astuce : Le nom exact de votre convention collective et son numéro IDCC sont indiqués en haut de votre fiche de paie. Avec ce numéro, vous retrouvez facilement le texte officiel et la section « jours fériés » qui vous concerne.

Comment est calculée la rémunération

Pour visualiser les différences, prenons l'exemple d'un salarié dont la journée de travail habituelle est rémunérée 100 € bruts. Le tableau ci-dessous illustre les trois grands cas de figure. Il s'agit d'exemples pédagogiques : votre situation réelle dépend de votre convention.

Situation Base Total perçu
1er mai travaillé100 € + 100 € (loi)200 €
Jour férié ordinaire, sans convention plus favorable100 €100 €
Jour férié ordinaire, convention à +100 %100 € + 100 €200 €

Jour férié chômé : perd-on son salaire ?

Bonne nouvelle pour les jours où l'entreprise ferme : le chômage d'un jour férié n'entraîne, pour la grande majorité des salariés, aucune perte de rémunération. Grâce au principe de mensualisation, les salariés justifiant d'une ancienneté suffisante conservent leur salaire habituel même si le jour férié n'est pas travaillé.

Il existe des situations particulières, notamment pour certains contrats courts ou intérimaires, où les règles diffèrent. Pour approfondir ce point, notre guide sur les jours fériés obligatoirement chômés détaille les cas concernés.

Salariés au travail dans un commerce ouvert un jour férié
Commerce, santé, transports : de nombreux secteurs restent ouverts les jours fériés.

Récupération et repos compensateur

Un salarié qui travaille un jour férié se demande souvent s'il aura droit à un jour de récupération. Là encore, la loi n'impose aucun repos compensateur automatique pour un jour férié travaillé. Mais de nombreuses conventions collectives ou accords d'entreprise en prévoient un, parfois en plus d'une prime.

Attention à ne pas confondre récupération et report : un jour férié qui tombe un week-end n'est, en principe, ni récupéré ni indemnisé, sauf disposition conventionnelle. Ce sujet fréquent est traité dans notre article un jour férié qui tombe un samedi est-il perdu.

Jour férié pendant les congés payés

Que se passe-t-il si un jour férié tombe pendant vos congés ? En principe, s'il s'agit d'un jour habituellement chômé dans l'entreprise, il n'est pas décompté de vos jours de congés : vous « gagnez » donc une journée. Ce mécanisme, souvent méconnu, est détaillé dans notre dossier jour férié pendant les congés payés.

Cas particuliers : mineurs et secteurs encadrés

Certaines catégories de salariés bénéficient d'une protection renforcée. Les jeunes travailleurs de moins de 18 ans ne peuvent, en règle générale, pas travailler les jours fériés, sauf dérogations propres à quelques secteurs (hôtellerie, boulangerie, spectacle…). D'autres branches encadrent strictement le recours au travail les jours fériés.

De même, les salariés en forfait jours, les apprentis mineurs ou encore les personnels soumis à des horaires postés obéissent parfois à des règles spécifiques qui se superposent au cadre général. Dans le doute, le réflexe reste toujours le même : relire son contrat, consulter sa convention et, si nécessaire, solliciter un avis officiel. Un droit mal compris est souvent un droit perdu : quelques minutes de vérification peuvent représenter, sur l'année, une différence de rémunération loin d'être négligeable.

⚠ Attention : Les informations de cet article présentent le cadre général du droit du travail français. Votre situation dépend de votre convention collective, de votre contrat et de votre statut. En cas de litige ou de doute, rapprochez-vous de l'inspection du travail, d'un représentant du personnel ou d'un professionnel du droit. Cet article ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

Jour férié travaillé et journée de solidarité

Il ne faut pas confondre le travail d'un jour férié avec la journée de solidarité, souvent fixée au lundi de Pentecôte. Cette journée, destinée au financement de l'autonomie des personnes âgées et handicapées, obéit à des règles spécifiques : elle peut être travaillée sans rémunération supplémentaire dans la limite de 7 heures. Notre article Pentecôte, jour férié travaillé et journée de solidarité clarifie ce dispositif à part.

Récapitulatif : vos droits selon la situation

Pour y voir clair d'un coup d'œil, ce tableau de synthèse résume les quatre grandes situations que vous pouvez rencontrer face à un jour férié. Gardez à l'esprit qu'une convention collective peut toujours prévoir des règles plus favorables que ce cadre minimal.

Situation Rémunération Récupération
1er mai chôméSalaire maintenuSans objet
1er mai travailléPayé double (loi)Non imposée
Férié ordinaire chôméSalaire maintenuSans objet
Férié ordinaire travailléSalaire normal (sauf convention)Selon convention

Le saviez-vous ? Beaucoup d'entreprises accordent, par usage ou par accord, un traitement plus généreux que le minimum légal : c'est particulièrement fréquent dans les secteurs qui mobilisent régulièrement leurs équipes les jours fériés, comme la grande distribution ou la santé.

Enfin, gardez en tête que ces règles évoluent au gré des accords de branche et de la jurisprudence. Il est donc prudent de vérifier chaque année les dispositions applicables, d'autant que le nombre de jours fériés « utiles » varie selon les années : certains tombent un week-end, d'autres ouvrent de beaux ponts. Pour préparer la suite, consultez déjà le calendrier des jours fériés 2027.

FAQ — Vos questions sur le travail un jour férié

Est-on payé double quand on travaille un jour férié ? Seul le 1er mai travaillé donne droit, par la loi, à un doublement du salaire. Pour les autres jours fériés, la majoration dépend de la convention collective.

Peut-on refuser de travailler un jour férié ? Sauf le 1er mai, un jour férié n'est pas obligatoirement chômé : si votre contrat le prévoit, vous ne pouvez généralement pas refuser sans motif légitime.

Perd-on son salaire si un jour férié est chômé ? Non, pour la plupart des salariés mensualisés, le chômage d'un jour férié n'entraîne aucune perte de rémunération.

La récupération est-elle obligatoire ? La loi ne l'impose pas, mais une convention ou un accord peut prévoir un repos compensateur.

Le 1er mai est-il vraiment à part ? Oui : c'est le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous, et le seul dont le travail ouvre droit à +100 % par la loi.

Où vérifier mes droits exacts ? Dans votre convention collective, votre contrat, et en cas de doute auprès de l'inspection du travail.

Aller plus loin

Ne manquez plus aucun jour férié

Retrouvez le calendrier complet des jours fériés, les ponts et les vacances scolaires sur joursferies.fr pour planifier votre année en toute sérénité.

Rédaction joursferies.fr — publié le 16 juillet 2026. Sources : Code du travail (art. L3133-4 à L3133-6), Code du travail numérique (service-public.fr / code.travail.gouv.fr). Avertissement : cet article présente le cadre général du droit du travail et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Vérifiez toujours votre convention collective et, en cas de doute, consultez l'inspection du travail ou un professionnel du droit.

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