Vous ne travaillez pas un jour férié chômé et vous vous demandez si votre salaire est maintenu ? La réponse est oui dans la très grande majorité des cas, mais avec des nuances importantes selon votre ancienneté, votre statut et la date concernée. Un seul jour férié est obligatoirement chômé et payé pour tous : le 1er mai. Pour les autres, tout dépend de la loi, de votre convention collective et des usages de l'entreprise. Ce guide fait le point clair et à jour sur vos droits, avec des exemples concrets pour 2026. Pour la liste complète, consultez notre article sur les jours fériés obligatoirement chômés en France.
Le saviez-vous ? La France compte 11 jours fériés légaux, mais un seul — le 1er mai — est imposé chômé et payé par le Code du travail. Tous les autres relèvent d'accords et de conventions.
Jour férié chômé ou travaillé : la distinction de base
Un jour férié peut être chômé (vous ne travaillez pas) ou travaillé (l'activité continue). Cette distinction change tout pour votre rémunération. Contrairement à une idée reçue, la loi n'impose pas le repos pour la plupart des jours fériés : c'est l'employeur, encadré par la convention collective, qui décide si l'entreprise ferme ou non. Seuls le 1er mai et, pour les mineurs, l'ensemble des jours fériés font l'objet d'une protection renforcée.
Le point clé à retenir : chômé ne veut pas dire non payé. La loi de mensualisation protège justement votre salaire lorsqu'un jour férié tombe sur un jour normalement travaillé.
Concrètement, trois acteurs encadrent vos droits : la loi (qui fixe un socle minimal), la convention collective de votre branche (souvent plus favorable) et les usages propres à votre entreprise. En cas de doute, c'est toujours la règle la plus favorable au salarié qui l'emporte. C'est pourquoi deux salariés occupant le même poste dans des entreprises différentes peuvent ne pas avoir exactement les mêmes droits sur un jour férié.
Le 1er mai : le seul jour férié obligatoirement chômé et payé
Le 1er mai occupe un statut à part. Le Code du travail (articles L3133-4 à L3133-6) impose qu'il soit chômé et payé pour tous les salariés, sans condition d'ancienneté. Mieux : s'il est travaillé dans les établissements qui ne peuvent interrompre leur activité (hôpitaux, transports, hôtellerie…), le salarié a droit à une majoration de 100 %, c'est-à-dire un salaire doublé pour cette journée.
En 2026, le 1er mai tombe un vendredi : il permettra à beaucoup de salariés de bénéficier d'un week-end prolongé. Aucun autre jour férié ne bénéficie de cette double garantie légale.
Un détail souvent ignoré : le 1er mai ne peut pas être « déplacé » ni « récupéré » par l'employeur. S'il tombe un jour où l'entreprise est habituellement fermée, il n'ouvre pas non plus de droit à repos compensateur, sauf accord plus favorable. Sa protection porte donc sur le maintien de salaire et, le cas échéant, sur la majoration en cas de travail, mais pas sur une garantie de repos supplémentaire.
💡 Astuce : vérifiez toujours votre convention collective : de nombreuses branches prévoient des règles plus favorables que la loi, comme une majoration pour tout jour férié travaillé, pas seulement le 1er mai.
Les autres jours fériés : que dit la loi ?
Pour les dix autres jours fériés (jour de l'An, lundi de Pâques, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, Assomption, Toussaint, 11 novembre, Noël), le Code du travail ne rend pas le repos obligatoire. C'est la convention collective, un accord d'entreprise ou un usage qui détermine s'ils sont chômés. En pratique, la plupart des entreprises les accordent, mais ce n'est pas une obligation légale universelle.
En revanche, lorsqu'ils sont chômés, la protection du salaire s'applique. Vous voulez savoir si l'on peut vous imposer de travailler ces jours-là ? Notre article peut-on refuser de travailler un jour férié détaille les règles.
Le maintien de salaire : la règle de la mensualisation
C'est le cœur du sujet. L'article L3133-3 du Code du travail prévoit que le chômage d'un jour férié ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés mensualisés justifiant d'au moins 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise. Autrement dit, votre paie du mois reste identique, jour férié chômé ou non.
Cette garantie découle de la loi de mensualisation de 1978. Quelques catégories en sont toutefois exclues : les travailleurs saisonniers, intermittents et travailleurs à domicile, pour lesquels des règles spécifiques s'appliquent.
Attention à ne pas confondre maintien de salaire et majoration. Le maintien signifie que votre rémunération ne baisse pas parce que vous n'avez pas travaillé : c'est la situation la plus courante. La majoration, elle, ne concerne que les jours fériés travaillés et, sur le plan légal, uniquement le 1er mai. Beaucoup de salariés pensent à tort avoir droit à un « jour payé double » simplement parce qu'un férié tombe en semaine : c'est faux, sauf s'ils travaillent effectivement ce jour-là dans un cadre le prévoyant.
| Situation | Salaire maintenu ? | Base légale |
|---|---|---|
| 1er mai chômé | Oui, pour tous | L3133-4 |
| Autre férié chômé, ≥ 3 mois d'ancienneté | Oui | L3133-3 |
| Autre férié chômé, < 3 mois | Selon convention | Convention collective |
| 1er mai travaillé | Oui + 100 % de majoration | L3133-6 |
À retenir : pour un salarié mensualisé avec au moins 3 mois d'ancienneté, un jour férié chômé est intégralement payé. Le seul jour garanti chômé et payé pour tous, sans condition, reste le 1er mai.
Jour férié travaillé : quelle rémunération ?
Si vous travaillez un jour férié ordinaire (hors 1er mai), la loi ne prévoit aucune majoration obligatoire. Vous êtes payé comme un jour normal, sauf si votre convention collective ou un accord d'entreprise prévoit mieux — ce qui est fréquent (majoration de 50 % ou 100 %, repos compensateur…). Le 1er mai reste l'exception avec sa majoration légale de 100 %.
Pour approfondir les règles de paie quand on travaille un férié, consultez notre guide dédié à la rémunération d'un jour férié travaillé.
Dans les faits, de nombreuses conventions collectives (commerce, industrie, santé, transport) prévoient une contrepartie pour le travail un jour férié : majoration de salaire, prime, ou repos compensateur équivalent. Ces avantages ne sont pas automatiques : ils doivent figurer dans un texte applicable à votre entreprise. Avant d'accepter ou de réclamer une majoration, prenez le temps de lire l'article de votre convention consacré aux jours fériés — c'est là que se joue l'essentiel de vos droits réels.
Jour férié tombant un samedi ou un dimanche
Que se passe-t-il quand un jour férié coïncide avec votre jour de repos habituel ? En principe, rien : la loi ne prévoit ni récupération, ni jour de congé supplémentaire, ni indemnité. Le jour est simplement « perdu », sauf si votre convention collective se montre plus généreuse.
C'est un point sensible en 2026, car le 15 août tombe un samedi : pour beaucoup de salariés en semaine, ce jour férié ne donnera lieu à aucun repos supplémentaire. Notre article un jour férié le samedi ou le dimanche est-il perdu explore toutes les situations.
Cette règle explique pourquoi le nombre de « jours de repos » liés aux fériés varie fortement d'une année à l'autre : une année où plusieurs jours fériés tombent en semaine est bien plus avantageuse qu'une année où ils se concentrent le week-end. C'est aussi ce qui rend certaines années particulièrement propices aux ponts, quand un férié tombe un mardi ou un jeudi.
Cas particuliers : CDD, intérim, temps partiel, mineurs
Plusieurs statuts obéissent à des règles spécifiques qu'il vaut mieux connaître :
| Statut | Règle applicable |
|---|---|
| CDD | Mêmes droits qu'un CDI à poste équivalent, y compris jours fériés chômés. |
| Intérim | Jours fériés chômés dans l'entreprise utilisatrice, sans condition d'ancienneté. |
| Temps partiel | Payé si le férié tombe un jour habituellement travaillé ; pas d'indemnité sinon. |
| Jeunes de moins de 18 ans | Travail interdit les jours fériés (sauf secteurs dérogatoires). |
À noter aussi le régime particulier de l'Alsace-Moselle : les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient de deux jours fériés supplémentaires — le Vendredi Saint et le 26 décembre — obligatoirement chômés.
Enfin, les apprentis suivent les mêmes règles que les autres salariés lorsqu'ils sont majeurs ; s'ils sont mineurs, l'interdiction de travailler les jours fériés s'applique également à eux, sauf dérogations sectorielles (hôtellerie-restauration, boulangerie…). En cas de doute sur votre situation, le nombre total de jours fériés dont vous bénéficiez peut aussi dépendre de votre région : notre article combien de jours fériés par an en France fait le tour de la question.
Jour férié pendant les congés payés
Un jour férié chômé qui tombe pendant vos congés payés n'est en principe pas décompté de votre solde de congés : vous ne « perdez » pas un jour de vacances à cause de lui. En revanche, s'il s'agit d'un jour férié habituellement travaillé dans l'entreprise, les règles peuvent varier. Nous détaillons ces subtilités dans notre article un jour férié pendant les congés payés est-il décompté.
⚠ Attention : les règles ci-dessus sont celles du Code du travail. Votre convention collective peut prévoir des dispositions plus favorables. En cas de litige sur votre paie, rapprochez-vous des représentants du personnel ou de l'inspection du travail.
Exemple concret : les jours fériés de 2026
Pour illustrer, voici comment se présentent quelques jours fériés en 2026 et leur incidence sur le salaire d'un salarié mensualisé travaillant du lundi au vendredi.
| Jour férié 2026 | Date | Jour de la semaine | Incidence salaire (semaine) |
|---|---|---|---|
| Fête du Travail | 1er mai | Vendredi | Chômé et payé pour tous |
| Fête nationale | 14 juillet | Mardi | Chômé et payé |
| Assomption | 15 août | Samedi | Week-end : pas de repos en + |
| Armistice | 11 novembre | Mercredi | Chômé et payé |
| Noël | 25 décembre | Vendredi | Chômé et payé |
- 1er mai (vendredi) : chômé et payé pour tous ; doublé si travaillé.
- 14 juillet (mardi) : généralement chômé et payé ; possibilité de pont le lundi.
- 15 août (samedi) : tombe le week-end, aucun repos supplémentaire pour la plupart.
- 11 novembre (mercredi) : chômé et payé en semaine.
- 25 décembre (vendredi) : chômé et payé, week-end prolongé pour beaucoup.
Vous retrouverez l'ensemble des dates et des ponts dans notre calendrier des jours fériés 2026-2027.
FAQ — Jour férié et salaire
Un jour férié chômé est-il payé ? Oui pour les salariés mensualisés avec au moins 3 mois d'ancienneté : aucune perte de salaire. Le 1er mai est payé pour tous sans condition.
Quel est le seul jour obligatoirement chômé et payé ? Le 1er mai, pour tous les salariés, quelle que soit leur ancienneté.
Est-on payé double un jour férié travaillé ? Seulement le 1er mai (majoration légale de 100 %). Pour les autres, tout dépend de la convention collective.
Un férié le week-end est-il récupéré ? Non en principe, sauf disposition plus favorable de la convention collective.
Les CDD et intérimaires y ont-ils droit ? Oui, aux mêmes conditions que les salariés en CDI à poste équivalent.
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Rédigé par la rédaction JoursFeries.fr — 25 juillet 2026. Sources : Code du travail (articles L3133-1 à L3133-6), service-public.fr, loi de mensualisation du 19 janvier 1978. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Votre convention collective peut prévoir des règles différentes : vérifiez-la ou renseignez-vous auprès de l'inspection du travail.