Chaque année, la même question revient chez les parents employeurs comme chez les professionnelles de la petite enfance : un jour férié doit-il être payé à l'assistante maternelle, et à quelles conditions ? La réponse ne dépend pas du bon vouloir de chacun mais de la convention collective nationale des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile (IDCC 3239), entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Elle distingue très clairement le 1er mai des 10 autres jours fériés, et elle pose une condition de présence souvent ignorée. Ce guide détaille les règles applicables, les calculs, la déclaration Pajemploi et les pièges les plus fréquents. Pour le calendrier officiel de l'année, consultez notre page de référence jours fériés 2026.
Le saviez-vous ? Contrairement à une idée très répandue, la convention collective ne rend pas les 10 jours fériés ordinaires automatiquement chômés. Seul le 1er mai l'est de plein droit. Les autres peuvent être travaillés — mais uniquement si c'est prévu au contrat écrit ou accepté d'un commun accord.
Le cadre juridique applicable : la CCN 3239
Depuis le 1er janvier 2022, les assistantes maternelles du particulier employeur relèvent de la convention collective nationale des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile, dite IDCC 3239. Elle a fusionné l'ancienne convention des assistants maternels de 2004 et celle des salariés du particulier employeur.
Cette convention s'organise en un socle commun et deux socles spécifiques (« assistant maternel » et « salarié du particulier employeur »). Sur les jours fériés, l'article 101 du socle assistant maternel renvoie directement à l'article 47 du socle commun : ce sont donc les articles 47.1 (1er mai) et 47.2 (jours fériés ordinaires) qui font foi. Le principe général des jours fériés en France est par ailleurs détaillé dans notre article sur les jours fériés obligatoirement chômés.
Les 11 jours fériés concernés
La liste est celle du Code du travail, identique pour tous les salariés :
| Jour férié | Date | Statut CCN 3239 |
|---|---|---|
| Jour de l'An | 1er janvier | Ordinaire |
| Lundi de Pâques | Variable (mars-avril) | Ordinaire |
| Fête du Travail | 1er mai | Chômé de droit |
| Victoire 1945 | 8 mai | Ordinaire |
| Ascension | Variable (jeudi, mai) | Ordinaire |
| Lundi de Pentecôte | Variable (mai-juin) | Ordinaire |
| Fête nationale | 14 juillet | Ordinaire |
| Assomption | 15 août | Ordinaire |
| Toussaint | 1er novembre | Ordinaire |
| Armistice 1918 | 11 novembre | Ordinaire |
| Noël | 25 décembre | Ordinaire |
En Alsace-Moselle, s'ajoutent le Vendredi saint et le 26 décembre (Saint-Étienne), fériés au titre du droit local. Le nombre total exact et les subtilités régionales sont détaillés dans notre article combien de jours fériés par an en France.
Le 1er mai : le seul jour férié chômé de plein droit
L'article 47.1 de la convention est sans ambiguïté : le 1er mai est un jour férié chômé s'il correspond à un jour habituellement travaillé par la salariée. Trois conséquences concrètes :
Premièrement, le chômage du 1er mai n'entraîne aucune réduction de la rémunération. La mensualisation est maintenue, sans déduction ni retenue. Deuxièmement, cette absence est assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul des droits à congés payés et de l'ancienneté. Troisièmement, aucune condition de présence n'est exigée : contrairement aux jours fériés ordinaires, il n'y a pas de règle « veille et lendemain » pour le 1er mai.
Par exception, la convention admet que les parties conviennent que le 1er mai soit travaillé, « en raison de la nature et de la singularité des activités visées ». Dans ce cas, la salariée bénéficie d'une rémunération majorée de 100 % — autrement dit, un salaire doublé sur les heures effectuées.
À retenir : 1er mai chômé = salaire maintenu, sans condition. 1er mai travaillé = +100 %. Ces deux règles ne se négocient pas à la baisse : elles relèvent du Code du travail (art. L. 3133-6) repris par la convention.
Les jours fériés ordinaires : la règle des 10 %
Pour les dix autres jours fériés, l'article 47.2 pose un cadre en trois temps.
D'abord, l'accord préalable. Les jours fériés ordinaires travaillés doivent être prévus dans le contrat de travail écrit. À défaut, le travail un jour férié ordinaire ne peut intervenir que d'un commun accord écrit entre les parties. Concrètement : si rien n'a été prévu et que l'assistante maternelle refuse, elle est dans son droit — un principe que nous détaillons plus largement dans peut-on refuser de travailler un jour férié.
Ensuite, la majoration. En contrepartie du travail un jour férié ordinaire, la salariée perçoit, au titre des heures effectuées, une rémunération majorée de 10 % du salaire dû. C'est un plancher conventionnel : le contrat peut prévoir davantage, jamais moins.
Enfin, le maintien de salaire en cas de chômage. Le chômage d'un jour férié ordinaire tombant un jour habituellement travaillé ouvre droit au maintien de la rémunération brute habituelle, à une condition : que la salariée ait travaillé le dernier jour de travail qui précède le férié et le premier jour de travail qui lui fait suite, sauf autorisation d'absence accordée au préalable.
⚠ Attention : la condition « veille et lendemain » s'entend en jours de travail prévus au planning, pas en jours calendaires. Si l'assistante maternelle ne garde jamais l'enfant le vendredi, le « jour de travail précédant » un férié tombant un lundi sera le jeudi. C'est la source d'erreur n°1 dans les fiches de paie.
Trois cas de calcul concrets
Prenons une assistante maternelle rémunérée 4,50 € brut de l'heure pour un enfant, qui accueille 9 heures les lundis, mardis, jeudis et vendredis.
| Situation | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| 14 juillet chômé (jour habituel, présence veille/lendemain OK) | Maintien du salaire mensualisé | Aucune retenue, rien à ajouter |
| 14 juillet travaillé (prévu au contrat) | 9 h × 4,50 € × 1,10 | 44,55 € brut au lieu de 40,50 € |
| 1er mai travaillé (accord des parties) | 9 h × 4,50 € × 2 | 81,00 € brut au lieu de 40,50 € |
Attention à ne pas confondre ce mécanisme avec la mensualisation. En accueil régulier, le salaire est lissé sur l'année : un jour férié chômé n'entraîne aucun ajustement, puisque le lissage l'a déjà intégré. C'est uniquement le jour férié travaillé qui génère une ligne supplémentaire sur la fiche de paie.
💡 Astuce : rédigez dans le contrat une liste nominative des jours fériés travaillés et chômés, plutôt qu'une formule vague du type « selon les besoins ». C'est la méthode la plus sûre pour éviter tout litige, et elle vaut aussi pour le calendrier des ponts de l'année.
Jour férié qui tombe un samedi ou un dimanche
Si le jour férié tombe un jour habituellement non travaillé par l'assistante maternelle, il n'y a ni maintien de salaire supplémentaire, ni récupération, ni jour de repos compensateur. La règle est la même que pour l'ensemble des salariés du privé, hors dispositions conventionnelles plus favorables — sujet que nous traitons en détail dans un jour férié qui tombe un samedi ou un dimanche est-il perdu et un jour férié qui tombe un dimanche est-il récupéré.
Pour l'année 2026, cette question se pose plusieurs fois : c'est notamment le cas du 1er novembre, un dimanche. Le calendrier complet est consultable sur notre page jours fériés 2026.
Jours fériés et congés payés de l'assistante maternelle
Deux règles à ne pas confondre. D'une part, l'absence liée au chômage d'un jour férié est assimilée à du temps de travail effectif pour la détermination des droits à congés payés et de l'ancienneté : elle ne pénalise donc jamais l'acquisition des congés.
D'autre part, la convention précise que les jours fériés chômés ne sont pas des jours ouvrables. Conséquence : si un jour férié chômé tombe pendant une semaine de congés payés, il ne se décompte pas du solde de congés. Une semaine contenant un férié chômé « coûte » donc 5 jours ouvrables au lieu de 6. Le mécanisme général est expliqué dans jour férié pendant les congés payés.
Déclarer un jour férié à Pajemploi
La déclaration mensuelle sur Pajemploi suit la logique de la paie. Pour un jour férié chômé et payé, il n'y a rien de particulier à signaler : les heures ne sont pas déclarées comme heures d'accueil, mais le salaire net mensualisé reste inchangé. Ne réduisez pas le montant déclaré, sous peine de minorer à tort le salaire et le complément mode de garde.
Pour un jour férié travaillé, déclarez les heures réellement effectuées et intégrez la majoration (10 %, ou 100 % le 1er mai) au salaire net versé du mois. Pajemploi ne dispose pas d'une case dédiée « majoration jour férié » : c'est le montant global du salaire net déclaré qui doit refléter la majoration.
Enfin, gardez à l'esprit que le complément de libre choix du mode de garde (CMG) est calculé sur le salaire net déclaré : une majoration correctement déclarée est donc partiellement prise en charge, dans la limite du plafond applicable.
Repères de rémunération 2026
Pour situer les calculs ci-dessus, quelques repères en vigueur à l'été 2026. Le SMIC horaire brut s'établit à 12,31 € depuis la revalorisation du 1er juin 2026. Côté branche, l'avenant applicable au 1er juin 2026 a porté le salaire horaire minimum conventionnel à 4,20 € brut par heure et par enfant accueilli, et à 4,37 € brut pour les titulaires du titre professionnel « Assistant maternel / Garde d'enfants ». C'est le montant le plus favorable entre minimum légal et minimum conventionnel qui s'applique.
Ces montants évoluant à chaque revalorisation, vérifiez toujours la valeur en vigueur au moment de l'établissement de la paie auprès de Pajemploi ou de la convention collective.
Les 6 erreurs les plus fréquentes
| Erreur | Ce que dit réellement la CCN |
|---|---|
| « Tous les fériés sont chômés d'office » | Seul le 1er mai l'est de droit ; les autres dépendent du contrat |
| « Un férié travaillé est payé double » | +10 % pour un férié ordinaire ; +100 % uniquement le 1er mai |
| « On déduit le férié chômé du salaire » | Le salaire mensualisé est maintenu si les conditions sont réunies |
| « Veille et lendemain = jours calendaires » | Ce sont les jours de travail prévus au planning |
| « Un férié sur un jour de congé se décompte » | Un férié chômé n'est pas un jour ouvrable : il ne se décompte pas |
| « Un accord oral suffit » | L'accord doit être écrit (contrat ou avenant) |
Que faire en cas de désaccord ?
La première étape est toujours de relire le contrat de travail et de confronter la pratique au texte des articles 47.1 et 47.2 de la convention. Beaucoup de litiges se dénouent à ce stade, l'une des deux parties ayant simplement mal interprété la règle.
Si le désaccord persiste, plusieurs interlocuteurs existent : le Relais Petite Enfance (RPE) de la commune, dont le rôle d'information est gratuit ; les services d'information Pajemploi ; les organisations professionnelles et syndicales de la branche. En dernier recours, le conseil de prud'hommes reste compétent pour les litiges relevant du contrat de travail. Une régularisation de paie amiable, documentée par écrit, est presque toujours préférable à un contentieux.
FAQ : assistante maternelle et jours fériés
Un jour férié chômé est-il payé ?
Oui pour le 1er mai, sans condition. Pour les fériés ordinaires, oui, à condition d'avoir travaillé le dernier jour de travail précédant et le premier jour suivant, sauf autorisation d'absence.
Quelle majoration pour un férié travaillé ?
+10 % minimum du salaire dû sur les heures effectuées ; +100 % le 1er mai.
Peut-on imposer le travail un jour férié ?
Non, sauf si c'est prévu au contrat écrit. Sinon, un accord écrit des deux parties est nécessaire.
Le férié tombant un jour non travaillé ouvre-t-il un droit ?
Non : ni rémunération supplémentaire, ni récupération, sauf clause contractuelle plus favorable.
Comment ça se passe en garde partagée ?
Chaque contrat s'apprécie séparément : chaque particulier employeur applique les règles pour sa part de rémunération.
Un jeune salarié de 16 à 18 ans peut-il travailler un jour férié ?
Non. La convention prévoit expressément que le jeune travailleur de 16 à 18 ans est dispensé de toute activité professionnelle durant les jours fériés.
Aller plus loin
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Rédaction JoursFeries.fr — publié le 5 août 2026. Sources : Convention collective nationale des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile (IDCC 3239), articles 47.1, 47.2, 101 et 139 ; Code du travail, articles L. 3133-1 et L. 3133-6 ; Pajemploi (Urssaf) ; barèmes de branche en vigueur au 1er juin 2026. Article informatif : en cas de litige, rapprochez-vous de votre Relais Petite Enfance ou d'un conseil juridique.